Le gouvernement Legault doit s’engager

5 octobre 2018

Lucie Piché, présidente de la FEC-CSQ

À l’occasion de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, nous invitons le gouvernement élu le premier octobre dernier à prendre en considération les doléances du milieu collégial public, alors que l’enseignement supérieur a été trop peu présent lors de la dernière campagne.

Les défis à relever sont nombreux. Nous avons notamment besoin de mettre fin à l’effet yoyo d’un financement instable. Nous revendiquons un mode de financement qui s’adapte à la réalité de chaque milieu et qui offre des solutions concrètes pour soutenir les petits cégeps et les cégeps de région.

On pense ici notamment au financement des petites cohortes dont il faut assouplir les critères d’accessibilité, au téléenseignement qu’il faut mieux encadrer, à la mobilité étudiante qu’il faut soutenir, etc. Afin de donner de l’oxygène aux cégeps, le gouvernement Legault devra s’engager à donner suite le plus rapidement possible aux travaux du comité ministériel mandaté sur ce thème et dont le rapport doit être remis en octobre. On pense aussi aux cégeps des grands centres où se joue une compétition aussi féroce qu’inutile dans un réseau d’enseignement public. Nous avons besoin d’une meilleure gestion des devis de chacun des collèges et d’une meilleure gestion de la carte des programmes afin de contrer cette compétition malsaine.

La nouvelle gestion publique qui a accompagné les compressions des dernières années a par ailleurs miné notre autonomie professionnelle et laminé les espaces de consultation au profit d’une reddition de comptes toujours plus grande.

Les cégeps regorgent de personnel qualifié, de profs qualifiés. Il faut valoriser la profession enseignante et respecter le savoir des profs en respectant leur autonomie et en les plaçant au cœur du processus de consultation. La Journée mondiale des enseignantes et des enseignants est une occasion de rappeler leur importance centrale dans les institutions d’enseignement d’ici et de partout dans le monde.

À propos de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants

« L’éducation est un droit humain fondamental et un bien public. Elle transforme les vies en contribuant au développement économique et social. Elle favorise la paix, la tolérance et l’inclusion sociale. Elle joue un rôle majeur dans l’élimination de la pauvreté. Elle permet aux enfants et aux jeunes de réaliser leur potentiel. »

Message conjoint de l’UNESCO, de l’Organisation internationale du Travail (OIT), de l’UNICEF, du PNUD et de l’Internationale de l’éducation (IE)

Célébrée chaque année le 5 octobre depuis 1994, la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants commémore la signature de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966. Cette recommandation fixe les critères de référence relatifs aux droits et aux responsabilités des enseignantes et des enseignants ainsi que les normes fixant leur formation initiale et continue, leur recrutement, leur emploi et les conditions d’enseignement et d’apprentissage. La Recommandation concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, adoptée en 1997, complète la recommandation de 1966 pour y adjoindre le personnel de recherche et d’enseignement de l’enseignement supérieur.

Avec l’adoption de l’Objectif de développement durable 4 sur l’éducation et de la cible spécifique (ODD 4.c), qui reconnaît le rôle clé des enseignantes et enseignants dans la réalisation de l’agenda Éducation 2030, la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants est devenue l’occasion de célébrer les progrès et de réfléchir aux moyens de surmonter les défis qui subsistent dans la promotion de la profession enseignante.